6- LAOS  Nord             13 avril  2001 -  3 mai 2001
23 jours -  13 jours roulés - 850 kms - 65 kms/jour - 137 kilomètres en stop
     1. De Ventiane à Vang Vieng

-"Impossible de passer à vélo le pont de l'amitié qui relie la Thaïlande au Laos!" C'est le douanier thaïlandais qui le dit et il est formel. Nous prenons donc un bus jusqu'au poste laotien.
A l'arrivée, ça se bouscule un peu dans la file d'attente. La préposée au tampon est aimable comme une porte de prison. Sommes nous vraiment au Laos?

douche du soir, espoir...attaque surprise  La ville de Ventiane est un vrai champ de bataille autour des temples. Des voitures chargées d'adolescents excités armés de pistolets à eau sèment la panique dans les rues. Les groupes à terre envoient des salves de sacs plastiques sur les véhicules qui repassent après avoir fait le tour du pâté de maisons. Nous profitons tout de même de l'atmosphère religieuse relative au nouvel an pour faire le tour des temples et observer la population qui vient se recueillir pour l'occasion. Nous finissons les journées trempés et enfarinés.

un bras du lac Ang Nam Ngum  Nous arrivons au lac artificiel de Nam Ngum le ventre vide et dans la nuit. Frais comme des gardons, nous repartons le lendemain matin. Après une quarantaine de kilomètres sur la route vers Ban Houay Panom, la plaine laisse la place aux collines. Ca monte lentement mais sûrement et comme cela était à prévoir, nous nous retrouvons à gravir un petit col de 3 kilomètres aux environs de midi sans un arbre pour nous procurer un peu d'ombre et dans une chaleur à crever. Les bus poussifs chargés à bloc nous doublent lentement se déchargeant de leurs fumées noirâtres.
Le palpitant quant à lui n'a quant à lui pas d'autre alternative que de poursuivre sa course exponentielle. Nous dégoulinons de sueur. L'effort serait largement supportable en temps normal mais avec cette chaleur et le soleil de plomb, nous sommes farcis. Et dire que nous étions, il y a à peine une demi heure, confortablement assis à la terrasse d'une gargote, sirotant un coca glacé.
Helga a déjà décroché. Elle doit être en train de me maudire, se courbant à chaque coup de pédale. Mauvais signe... Pour ma part, je n'en mène pas large. Les mains trempées glissent sur les poignées du guidon. J'ai la chaudière qui chauffe et le palpitant qui s'emballe. Un petit brin d'air bienfaiteur vient me chatouiller les narines. Le col ne doit pas être bien loin. Encore un virage et j'y suis. Je me risque à me retourner pour voir où en est Helga. Elle a toujours les yeux fixés vers le sol, pédalant en rythme. En fait, elle est complètement épuisée, le visage rouge écarlate. 
Vang Vieng Je ralentis et nous parcourons ensemble les derniers hectomètres jusqu'à ce que la route bascule de l'autre côté. Surtout ne pas s'arrêter au niveau du col mais entamer tout de suite la descente. Le ventre s'engouffre dans les T-shirts, ça rafraîchit. Le palpitant entame une dégringolade et nous jouons sur les freins. Ne pas trop ralentir sinon le vent ne rentre pas sous les T-shirts, ne pas descendre trop vite pour faire durer le plaisir.
Les petites collines laissent peu à peu la place à de belles montagnes qui grandissent sur l'horizon. La route est parfois entrecoupée de portions de piste bien roulable. Paysage de brûlis et de végétation sèche. Des troncs calcinés et coupés nous rappellent qu'une belle forêt poussait ici il n'y a pas si longtemps.

tout repose dans le lancer  Arrêt pour la nuit à Ban Hunay Panom après 82 kms. Le lendemain, nous rejoignons Vang Vieng, le genre d'endroit qui commence à être exploité pour le tourisme, envahi par des hordes de routards. Le site est quand même plaisant: une vallée bordée de montagnes aux pentes très prononcées et traversée par une rivière bordant le village. A visiter maintenant, avant que le calme régnant ici ne soit plus qu'un vague souvenir...