4- SUD LAOS             3 mars 2001 - 29 mars 2001
25 jours - 15 jours roulés - 938 kms - 62 kms/jour -320 kms en bus, bateau - 500 kms de piste 
     2. De Savannakhet à Salavan

avant l'orage, en direction de Salavanles vendeuses de casse-croûte assaillent le bus  Une fois n'est pas coutume, la pluie nous accompagne lorsque nous quittons la ville. Ce n'est pas plus mal, ca rafraîchit l'atmosphère. Le problème est quand la route se transforme en piste boueuse. Nous restons scotchés dans la gadoue et sommes obligés d'emprunter l'autre piste en lisière de forêt. Dans quelques mois c'est sûr, une belle route asphaltée remplacera cette piste. Fini l'aventure et bonjour le trafic!

fabrication de laolao - les yeux pétillent déjà avant la dégustation...Ca monte et ca descend sans cesse. Il n'y a aucun boui-boui pour se ravitailler. Rien. Juste la piste rouge devant nous et la forêt de part et d'autre. Le soleil se couche. On va devoir dormir dehors si rien ne se présente à nous. Enfin un village au bout de 120 bornes. Dans une gargotte, une femme nous prépare une soupe instantanée sous la lueur blafarde d'un néon alimenté par une batterie. Nous acceptons son invitation de dormir dans une chambre vacante de sa maison. Des coussins sont posés par terre, la moustiquaire est tendue. La couche est prête pour une bonne nuit de sommeil.
Nous repartons dans la matinée en direction de Salavan. Vers midi, la chaleur est trop forte et nous nous accordons une sieste dans une gargotte. 
Des gamins passent devant nous tenant des sachets plastiques renfermant des cigales frétillantes. D'autres ont embroché les insectes sur de fines tiges en bois. Le type du resto en déguste une. Entre ses doigts, la cigale s'excite et chante de plus belle jusqu'à ce que les mâchoires se renferment sur elle. Il mâche longtemps et avale le tout. J'ai envie de vomir le riz frit dont je viens de me goinfrer.

Lprotection maximum contre le déluge (ce qui ne nous empêchera pas de dormir trempés et le ventre creux)a pluie nous surprend une quarantaine de kilomètres avant Salavan. Nous devons notre salut à une petite hutte dans un champs sous laquelle la tente est plantée. Nous nous endormons, rassasiés de bananes.
Peut être une heure après nous être couchés, nous entendons des pas. Un faisceau de lampe est dirigé dans notre direction. Je frappe contre la toile de tente. Les individus s'éloignent. Une heure après, des types parlent fort dans notre direction. La lampe vissée sur le front, je découvre deux hommes assis en face de l'ouverture de la tente, l'un tenant un fusil dirigé vers nous. Quelques gestes suffisent à les rassurer sur les raisons de notre présence ici et nos intentions. Ils s'en vont et nous laissent tranquilles pour le reste de la nuit.