3 - VIETNAM                 3 février 2001 - 2 mars 2001
29 jours - 15 jours roulés - 1207 kms - Plus longues distance : 127 kms - 80 kms/jour - 230 kms en bus
     6. De Hoi An à la frontière laotienne
Début du col après DanangMâcheuses de noix de bétel Da-Nang est une étape sans grand intérêt. Nous y arrivons le soir juste pour y dormir et nous reposer avant les 110 kilomètres que nous parcourons le lendemain jusqu'à Hué. Le col à la sortie de Da-Nang nous fait prendre de la hauteur. La vue s'étend jusqu'à Hoi An. Seule la chaîne de montagnes sur la droite bouche l'horizon. Les camions gravissent péniblement la pente, à grand renfort de hurlements de moteurs et de crachats de fumée noire. Un bus arrive à notre hauteur, quelques touristes se retournent à notre vue, un peu interloqués de voir deux occidentaux à vélo dégustant leurs sandwichs "baguette-vache qui rit-concombre-sel" au bord de la route. 

Entre Danang et HuéAvant Hué  Tout en bas, la ligne de chemin de fer reliant Hanoi à Saigon serpente au gré du relief et disparaît dans un tunnel sous la montagne. Le ciel est sombre, chargé de nuages et le vent souffle irrémédiablement contre nous mais la température est idéale pour monter le col au rythme des pauses pipi, buvette, casse-croûte, photo, etc. 

  A Hué, nous visitons la cité impériale. Après My Son, cette visite confirme notre point de vue: le Vietnam n'a pas grand chose à offrir au niveau des monuments et édifices historiques. Par contre, au niveau culturel, historique et social, il a beaucoup à offrir. C'est donc sans une réelle motivation que nous parcourons à vélo le circuit permettent de découvrir les tombeaux des empereurs, en dehors de la ville. Autour des hôtels se regroupent les rabatteurs. Ce sont ici les pires que nous ayons rencontré, n'hésitant pas à perdre leur calme et nous insulter quand nous refusons leur offre.

 Les canards sont vivants...un p'tit sieston entre deux clients Nous décidons de renvoyer par la poste l'équipement dont ne nous servons pas et les souvenirs qui surchargent nos sacoches. Les tarifs sont établis par tranche de 1 kilo à partir d'un certain poids. Avant la fermeture du paquet, celui ci pèse 5 kgs tout juste. La préposée nous annonce le prix. Nous fermons donc le colis à l'aide de scotch. A notre grande surprise, elle repèse le paquet. Celui ci pèse désormais 5 kgs et 20 grammes. "OK, it's not the same price. You must pay 2 US $ more because it's not the same weight! More than 5 kgs, now!". Nous avons beau protester, repeser le paquet dans toutes les positions, rien n'y fait. Elle campe sur ses positions : à chaque poids son tarif même si il y a 20 grammes de plus. Elle est têtue comme une mule et ne veut plus rien entendre. Sur le coup, je me promets de ne plus jamais remettre les pieds au Vietnam, pays de l'arnaque où le touriste est considéré comme un porte-monnaie ambulant (d'après notre expérience, bien plus que dans tous les autres pays asiatiques). Le fait de toujours devoir discuter les prix, de vérifier les notes à chaque repas gâche un peu le plaisir. Ce qui est un jeu et la règle en Asie devient chiant au Vietnam. Une fois, sur la route, nous nous arrêtons dans une gargote. Nous commandons du riz frit, des soupes et deux cocas. J'oublie de demander le prix. Toute la famille se joint à nous pour tenter de discuter et faire connaissance. Il est temps de partir, la plus bavarde de la troupe nous tend avec un grand sourire les note aux prix multipliés par trois. Après un rapide calcul, le total est ramené à 30% de la somme initiale. Les sourires s'effacent et devant notre colère, personne ne bronche. Amers de nous être fait piégés alors que nous les trouvions fort sympathiques quelques minutes auparavant, nous repartons après leur avoir lâché quelques billets. 

Toiture Hué  A Hué, nous sommes des habitués d'un restaurant près de la rivière. La nourriture y est bonne, vite préparée et l'ambiance est... locale: des groupes partagent bruyamment les plats commandés en commun, vident les verres de bière noyée dans les glaçons (de la bière avec des glaçons, je rêve!), balancent les détritus à leur pied. Le sol est jonché de restes et de papier WC (serviettes de table locales). Les tables et chaises sont minuscules, à la taille de dînettes. Le restaurant a des airs de hangar, la télé crache ses films chinois abrutissants et les chiens traînent autour des tables, à la recherche de quelques restes. Au delà du cadre, le menu réserve toujours une surprise, suivant l'humeur du cuistot. Commandez deux plats identiques et vous en recevez deux différents avec le même prix, commandez deux mêmes plats et deux plats différents vous sont servis avec un prix différent. De quoi perdre la tête... La pluie s'abat sur Hué. Les motocyclistes et les cyclistes revêtent leurs ponchos multicolores ou sortent leurs parapluies. Rester sec au dépend du confort de conduite, une tenant le parapluie, l'autre le guidon.

 Transport du cochon à la mode vietnamienneLe train reliant Saigon à Hanoi (ou l'inverse c'est comme tu veux)  Notre séjour au Vietnam touche à sa fin. Nous parcourons encore 80 kilomètres jusqu'à Dong Ha. Le jour suivant, nous bifurquons définitivement vers l'ouest et nous enfonçons dans les montagnes en direction de la frontière. La route monte légèrement au début puis grimpe beaucoup plus jusqu'à un col de 8 kilomètres. Le rouge de la latérite contraste avec le vert de la végétation. Le ciel reste désepérement couvert et le soleil fait son apparition en plein milieu du col au moment où nous aurions désiré qu'il reste caché par les nuages. Nous rencontrons un couple en tandem : lui américain, elle suisse. Ils viennent de Bangkok et ont traversé le Laos de Vientiane à Lao Bao, poste frontière avec le Vietnam. Leur voyage se termine à Saigon. Nous échangeons des informations concernant l'état de la piste, les prochaines difficultés, le taux de change et les possibilités de logement sur le parcours. Ils nous dressent un portrait flatteur du Laos et de ses habitants. En bas, le poste frontière est en vue. Nous dévalons la pente à toute allure sur l'autre versant de la chaîne que nous avons grimpé toute la journée. Quelques baraques avant le poste de douane vietnamien. Nous en profitons pour acheter de l'eau et siroter un coca. Une grappe de jeunes filles armées de leurs calculettes nous assaille: "Change dongs, dollars, mister! Change! Change!". Après d'âpres négociations, nous changeons nos derniers dongs contre quelques milliers de kieps. Le passage au poste vietnamien se fait sans problèmes. Par contre, les douaniers laotiens nous réservent quelques surprises.