3 - VIETNAM                 3 février 2001 - 2 mars 2001
29 jours - 15 jours roulés - 1207 kms - Plus longues distance : 127 kms - 80 kms/jour - 230 kms en bus
     4. De Dalat à Nha Trang
en partant de Dalat (ça descend enfin)Cultures autour de Dalat De Dalat, nous empruntons la route qui mène sur la côte. 
Cheminant au gré des montées et des descentes, nous traversons quelques forêts perdues entre les cultures en terrasse. Puis, après une soixantaine de kilomètres, la route descend vertigineusement en lacets vers la plaine. Cette descente est un régal et nous profitons d'être en hauteur pour faire une petite pause et admirer le paysage.
la mer! De retour dans la chaleur et la moiteur, nous suivons le lit asséché d'une rivière qui nous conduit pendant 50 kilomètres jusqu'à Phan Rang. Des adolescents débiles nous suivent à vélo et s'amusent sur notre compte alors que nous rejoignons la plage pour y trouver une chambre. Après 120 bornes à vélo, il est évident que l'on supporte moins bien les railleries de ces sales effrontés et nous les remettons vite fait à leur place. C'est toujours la même chose lorsque nous circulons à l'heure de la sortie des écoles : il y a toujours une grappe de gamins à vélo qui nous suivent sur quelques kilomètres et se paient notre tête. Notre type de réaction (de l'ignorance à la colère) dépend de l'état de fatigue et du nombre de kilomètres restant à parcourir.
Nha Thrang Le départ et les premières bornes en sortant de Phan Rang se font dans la douleur. Avec un vent de face ne lâchant pas prise, nous stagnons à un misérable 8 km/heure sur le plat, nous relayant toutes les 10 minutes en tête de peloton. Dire que nous avons 110 kilomètres à parcourir dans ces conditions! Au bout de 30 kilomètres, résignés, nous abandonnons la lutte, mettons pied à terre et tendons le pouce aux innombrables minibus qui filent à toute allure vers le nord. Un véhicule s'arrête, je discute le prix avec le chauffeur qui bien entendu met la barre haute. L'affaire est conclue à hauteur de 30 % du prix initialement proposé. Les vélos sont fixés à même le toit, les sacoches entassées contre la vitre arrière. Nous trouvons deux petites places où poser nos fesses, les genoux collés au menton, parmi une quinzaine d'autres personnes serrées dans cette boite de sardines...
chargement des vélos sur le minibus Et vogue la galère pour une petite heure pendant laquelle nous avons le loisir d'apprécier de l'intérieur la conduite (ou plutôt le pilotage) à la sauce vietnamienne. Le cauchemar : virages, lignes droites à toute vapeur, dépassements sans visibilité, freinages intempestifs, coups de klaxon arrache-tympans battant la cadence en même temps que la radio rythme la course du bolide. Le chauffeur (hard) nous fait un concentré de ses techniques apprises durant de longues années. Nous ne donnons pas cher de notre peau en cas d'accident et sommes bien contents de nous faire déposer au bout d'une heure à l'entrée de Nha Thrang. Sur nos vélos, nous nous sentons bien plus en sécurité bien que nous sachions maintenant la dangerosité des autres usagers de la route. Nous regrettons aussi de nous être précipités sur cette solution de facilité : lorsque nous avons décidé  d'attraper un bus, le vent était violent car il s'engouffrait entre deux collines dans la direction inverse de notre progression. Sur le trajet, plus au nord, le relief moins tourmenté aidant, le vent était modéré.
Bouddha (Nha Thrang) Nous en retenons 3 sagesses :
1. Que nous n'avons pas choisi la meilleure période pour ce trajet au Vietnam. A cette époque de l'année, la mousson souffle vers le sud alors que notre route nous conduit vers le nord! Nous longerons donc toute la côte le vent dans le nez. De même sur la côte ouest de la Thaïlande où nous ferons face à la mousson humide soufflant vers le nord alors que nous progresserons vers le sud... Attention à la direction du vent!
2. Que prendre les transports en commun avec un vélo est en Asie une source de stress. Ce sera confirmé au Laos et en Thaïlande.
3. Qu'au même titre que le vent, le poids est l'ennemi du cycliste. Une surcharge ne pose pas trop de problème sur le plat mais devient réellement handicapante lors des montées. D'où notre décision de nous décharger du matériel inutile et des souvenirs qui gonflent nos sacoches à la prochaine grande ville. Pour voyager tranquille, voyagez léger!
 Chauffeurs de cyclo-pousse à Nha Thrang Cyclo-pousses au crépuscule Cette petite escapade nous permet d'arriver tôt à destination et nous avons donc toute l'après midi pour profiter des paquets de mer qui se déversent en rouleaux sur le rivage. Un peu à l'écart de la populasse, trois types s'exercent à délester deux touristes occupés à jouer avec les vagues de leurs sacs laissés sans surveillance sur le sable. Nous nous époumonons à prévenir les baigneurs. C'est alors que les voyous se dirigent vers nous bien décidés à en découdre. L'un d'eux me provoque et les deux autres commencent à tourner autour des vélos qu'Helga surveille...  C'est alors qu'une mémé passant par là  s'interpose et se met à crier après la racaille! Ils fuient, mais nous promettent de revenir...

retour du marché (gros achats?) Transport de marchandises Encore une fois, un coup de pompe cloue au lit l'un de nous et ce coup ci c'est mon tour : sinusite, fièvre, angine, plus d'énergie. Nous écopons bien malgré nous d'une journée de repos supplémentaire dans cette ville que nous voulions déjà quitter. Mine de rien, il semble que nous soyons épuisés malgré les divines siestes que nous nous accordons. Mais les jours nous sont comptés car nous devons arriver à temps à la frontière avec le Laos, notre visa arrivant bientôt à expiration...