2- CAMBODGE                     02 janvier 2001 -  02 février 2001
32 jours - 17 jours roulés - 1200 kms - Plus longue distance : 124 kms - 76 kms/jour - 370 kms en bateau - 450 kms de piste
     3. De Sihanoukville à Phnom Penh
"j'suis tout seul et j'm'embête" (extrait de la complainte du palmier abandonné-version originale)la route détrempée entre Sihanoukville et Kompot Prochaine étape : Kampot à 106 kilomètres. Après 45 kilomètres, la route fait place à une piste défoncée (comme entre la frontière thaïlandaise et Siem Reap). On commence à être habitué: monter les bosses, descendre dans les trous, éviter les flaques, laisser la place aux rares voitures qui s'y risquent, saluer de la main gauche et répondre aux sourires et aux "hello"... 
 
Le ciel est bleu, les gens sont toujours aussi sympas et nous avalons les kilomètres sans broncher. Petite pause banane et pastèque dans un village. Les écoliers nous rejoignent et nous scrutent de leurs grands yeux. Ils apprécient particulièrement les grimaces alors nous en profitons pour leur présenter notre collection.
"bon, elles sont à combien vos bananes?", piste 16le fouillis inextricable de Kampong Trach A Kampot, nous faisons une tentative de dégustation de "durian" acheté sur le marché. Le fruit, hérissé de piquants et à l'écorce dure ne se laisse pas facilement ouvrir. Après coup, notre remettons notre dégustation à plus tard, l'odeur est à vomir!..
 A partir de Kep, nous prenons la direction de Kampong Trach sur la piste numéro 16. Sur la carte que nous a donné l'anglais à vélo rencontré en Thaïlande, la piste n'est représentée que par un trait rouge fin sans aucune indication des villages traversés. A une intersection, nous prenons la mauvaise direction et nous retrouvons sur une piste qui devient  carrément exécrable. Plus aucune voiture ne circule, seulement des motos et des vélos. Les gens sont surpris de nous voir: il ne doit pas passer beaucoup de " cyclos" dans le coin. Il semble bien que ne soyons plus sur la bonne route car notre direction ne correspond ni avec la position du soleil ni avec le sens du vent. Sans indication, on se repère comme on peut! En fait, on se dirige vers l'est alors que nous devrions aller vers le nord! Retour à la case départ...  
 
Demande de renseignements à une intersection  A l'intersection, une petite mémé nous indique le chemin en français. Rien ne s'arrange, les trous et les bosses font place aux petites pierres qui ne secouent comme des pruniers, ballottent les sacoches dans tous les sens et font souffrir les bras, les poignets et le cou. Mon arrière train aussi n'en peut plus. C'est promis, à la prochaine occasion, je troque ma selle dure contre une bien rembourrée avec de gros ressorts. Nous nous trompons encore de direction, retrouvons la bonne piste, franchissons un petit col entre deux collines, redescendons vers le village de Tuk Mas où la pluie nous arrête.
L'enfer se termine là pour aujourd'hui. Une dame nous propose une chambre chez elle pour 5 US $. La providence : une douche, un bon lit, un restaurant où nous avalons notre éternel riz frit - Coca. Nous avons découvert les bienfaits de cette boisson. Ici, la chaleur conjuguée à l'effort nous poussent à en avaler des litres chaque jour : c'est sucré, frais et hyper désaltérant. Nous craquons à chaque repas. Ce dernier est frugal car nous nous limitons au seul plat dont nous connaissons le nom en khmer: "le riz frit". Au petit déjeuner, puis à 10:00, à midi et au repas du soir.
"ils sont très bons vos beignets, madame"  Encore 20 kilomètres de cette satanée piste au petit matin pour retrouver la route et des moyennes plus convenables. Nous stagnons pour l'instant à un misérable 8 km/h...  La route N° 3 rattrapée, le bitume lisse nous entraîne jusqu'à Takeo où nous passons la nuit. Nous rencontrons un couple d'autrichiens. Ils voyagent à moto depuis 6 mois et ont traversé l'Europe de l'est, la Turquie, l'Iran, le Pakistan et l'Inde pour atterrir en Thaïlande et visiter le sud est asiatique. Ils nous indiquent une guesthouse sympathique dans la capitale. 
Après 90 kilomètres d'une route ennuyeuse, nous slalomons dans les rues de Phnom Penh en pleine heure de pointe à la recherche du lac au nord de la ville où se trouvent les logements pour les petits budget. Nous atterrissons à la "Freedom guesthouse" tenue par un écossais complètement déjanté mais soucieux du confort de ses locataires.
Phnom Penh Pendant ces quelques jours, nous déambulons dans les rues à la recherche du marché russe, visitons le musée national, le marché central et la prison S 21 où étaient enfermés et torturés les intellectuels et opposants au régime de Pol Pot durant les années noires.
Et pour agrémenter le tout, nous avons droit à quelques embrouilles avec le planton à l'entrée de l'ambassade du Laos :
- "Bonjour, on voudrait des visas, c'est ouvert?"
- "Non, mais inscrivez vos noms ici et donnez moi vos passeports. Vous viendrez les récupérer demain (samedi). C'est 45 US $"
- "Ah bon?, c'est ouvert le samedi? Alors on reviendra demain."
- "Non!, c'est pas ouvert le samedi mais vous pouvez me donner vos passeports et l'argent et vous aurez vos visas demain. De toute façon, vous ne pouvez pas entrer, c'est fermé!"
- "Booon!, alors!, c'est ouvert ou non le samedi?"
- "Non, donnez moi vos passeports, ça ira plus vite."
- "OK, laisse tomber. On reviendra lundi..."
Nous revenons le lundi, poussons simplement la porte d'entrée de l'ambassade et obtenons les visas pour 35 US $...
Nous informons un employé de cette arnaque. Très calme et posé, il nous répond :
- "Il fait ça. Mais c'est interdit. Il n'a pas le droit."
- "Ok, mais dites lui! Il fait ça avec tout le monde!"
- "Mais il n'a pas le droit."
La conversation ne va pas plus loin, à croire que ces petites magouilles profitent à tout le monde...