1- THAILANDE Centre           19 décembre 2000  -  02 janvier 2001
14 jours -  5 jours roulés - 346 kms -  Plus longue distance : 92 kms - 69 kms/jour - 10 kms de piste
De Bangkok à la frontière cambodgienne
"c'est quoi le nom de la guesthouse, déjà?" BKK, Khao San Road Après quelques jours de stress consacrés aux préparatifs du voyage, 10 heures d'attente pour un avion en retard, nous voici sur le sol thaïlandais. 
 Atterrissage en douceur en pleine chaleur pour nos corps habitués à la froideur du climat autrichien. Kao San road et nous accueille et nous profitons de ces quelques jours dans la capitale pour obtenir nos visas pour le Cambodge et arpenter les rues et avenues de Bangkok. 

6 m²-moustiquaire, BKK, Khao San Road Au programme : Chinatown, Little India, les temples, le palais royal, une balade sur la rivière en bateau, quelques courses et retour dans la moiteur de notre chambre miteuse. 
La circulation à Bangkok est quelque chose de fascinant et d'effrayant en même temps. Tout se côtoie : camions, bus, voitures, motos, vélos, cyclopousses. Tout ce joli monde se déplace dans un fouillis inextricable. 
 Les uns doublent, les autres ralentissent, des piétons se faufilent entre les voitures, les motos pétaradent, les bus crachent leurs fumées noirâtres. 
Coups de frein, gaz, coups de klaxon. Les policiers, un masque devant la bouche sont débordés. Tels des chefs d'orchestre, ils agitent leurs bras dans tous les sens tentant de discipliner tout ce joli monde. Et pourtant, personne ne s'énerve, il n'y a pas de geste déplacé. Cela semble être réglé comme du papier à musique. Les véhicules se frôlent au millimètre et chacun y trouve son compte dans la chaleur accablante, avançant de quelques mètres jusqu'au feu vert qui libère les hordes de motards. 

un sourire pour la photo, svpAyutthaya - alignement de Stupas Les formalités accomplies, nous fuyons la ville et profitons du calme relatif dans les rues ce dimanche matin pour filer en vélo à la gare. Le train s'ébranle et s'arrache lentement du quai. Nous quittons Bangkok, ville tentaculaire que nous retrouverons dans quelques mois. Peu à peu, la circulation est moins dense et les rizières prennent le pas sur les immeubles. La ville perd du terrain sur la nature et nous découvrons au rythme des "tacatac" du train la campagne environnante. 

  Quelques jours passés à Ayuthayah nous permettent de nous familiariser avec une culture et une histoire que nous côtoierons pendant ces 8 mois. Nous fêtons Noël à notre manière : les bougies, bâtonnets d'encens et spirales anti-moustiques pour l'ambiance, une pastèque et nos pensées s'échappent vers l'Europe.

 

Bouddha enraciné - Ayutthaya  Le lendemain, nous mettons cap à l'est, en direction de la frontière cambodgienne. La route est longée par un large bas côté asphalté sur lequel nous roulons en toute sécurité. C'est plat, c'est bien pour commencer. Quelques personnes nous gratifient d'un "Hello! Ok! Very good!", lancent quelques coups de klaxon ou ralentissent pour observer les 2 "farangs" (étrangers) sur leur vélo. Le manque de signalisation nous fait hésiter au début mais nous nous y retrouvons rapidement. Ceci rarement grâce aux indications des gens à qui nous demandons notre chemin.sympa le large bas-côté En pratique, à une intersection, demandez à un Thailandais de vous indiquer quelle route emprunter et il vous renseignera 9 fois sur 10 par un bras lancé vers le haut pointant entre les deux routes. Confirmez par un geste un peu plus précis et il indiquera la même chose (c'est à dire le champ en face ou la montagne au loin suivant les cas) ou répondra par un hochement de tête. En fait la règle est de poser une question ouverte mais les réponses sont à prendre en compte avec précautions. Au mieux, demander à plusieurs personnes... La même chose pour le kilométrage entre deux points (les distances vont parfois du simple au quintuple d'un interlocuteur à l'autre) ou la présence d'un hotel dans la prochaine ville. Ici, la politesse est primordiale et pour ne pas vexer, on répond oui facilement (et avec le sourire).
Le paysage de la route 33géants de pierre en construction   Le paysage (monotone jusqu'à la frontière cambodgienne) défile sous nos yeux. En fait, y'a pas grand chose d'exceptionnel à voir: marais, rizières sèches, grandes zones de brulis, quelques villages éparpillés ça et là. Le tout interrompu par quelques villes plus importantes où nous faisons étape : Nakhon Nayok, Prachinburi, Kabinburi . L'architecture semble hésiter entre les vieilles maisons à deux étages en bois ou les immeubles modernes larges d'une dizaine de mètres et s'étirant sur quelques étages eux même vérolés par des vitres teintés et des climatiseurs bruyants.
au menu: riz frit au poulet, riz frit aux légumes, riz frit aux fruits de mer...à chaque gargotte son temple  Nous essayons de nous astreindre à ce qui était prévu dès le départ : se lever tôt, rouler à la fraîche, faire des pauses régulières toutes les heures et arriver avant la tombée de la nuit. Pour l'instant ça marche. L'effort n'est pas violent et le corps réagit donc bien. Nous nous accordons tout de même quelques divines siestes à l'ombre des arrêts de bus quand le soleil est au zénith... 
 Nous quittons la route 33 et bifurquons vers le parc national du Pang Sida un peu plus au nord où nous rechargeons les batteries. 2 jours de repos et tentative d'observation d'animaux sauvages. Nos essais seront infructueux et se limiteront à quelques papillons, des cris de singes que nous ne verrons même pas, des envols rapides de quelques volatiles.

"I'm a poor lonesome cowboy..." Au marché de la ville voisine, nous rencontrons un cyclotouriste qui rentre  justement du Cambodge. Il nous fait une description pas du tout joyeuse des pistes de ce pays et enchaîne par le récit de ses aventures. Parti de Hanoi et ayant traversé le Vietnam et le Cambodge, il compte se rendre en Angleterre à vélo en passant par la Birmanie. Nous aurons de ses nouvelles quelques mois plus tard. Un français nous racontera qu'il a bien traversé la Birmanie avec son vélo et qu'aux dernières nouvelles, il était dans l'ouest de l'Inde. Je précise qu'il voyage depuis 3 ans à vélo sur tous les continents et qu'il est âgé de 65 ans (qu'il ne pas fait d'ailleurs). Dans l'attente de l'enfer cambodgien, nous rejoignons Aranyaprathet par une piste de terre ocre.